Projet de recherche

La fibrose pulmonaire idiopathique est une maladie fatale dont les mécanismes d’initiation et de progression sont encore mal compris à l’heure actuelle. Le diagnostic de cette maladie est difficile à obtenir et son pronostic est réservé. C’est pour ces raisons qu’un programme de recherche a conjointement été initié il y a quelques années dans les facultés de médecine vétérinaire de Liège et d’Helsinki sous l’initiative des Professeurs Clercx et Rajamäki respectivement. Ce protocole de recherche a été approuvé par les commissions d’éthique de l’université de Liège, d’Helsinki et de Bristol et a reçu des subsides de la part du FNRS et des fonds spéciaux de l’université de Liège, ainsi que du Collège Européen de Médecine Interne Vétérinaire (ECVIM-CA) . Grâce au partenariat avec des clubs de race, avec les écoles vétérinaires françaises et à la participation de partenaires vétérinaires de nombreux pays européens, le recrutement de nouveaux cas se fait progressivement et permet de récolter un maximum d’informations sur cette maladie.

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Études cliniques

Grâce aux collaborations développées avec les clubs de race, les éleveurs, les propriétaires et les vétérinaires partenaires, nous collectons activement depuis quelques années toutes les informations cliniques et résultats des examens complémentaires obtenus chez les chiens malades. Le but de cette collecte d’informations cliniques est d’arriver à caractériser au mieux la maladie afin d’améliorer le diagnostic et l’estimation du pronostic. Cette collecte d’informations nous permet également de sélectionner au mieux les animaux pour les études génétiques et moléculaires que nous entreprenons.

Études moléculaires

Les études moléculaires sont menées conjointement dans les Universités de Liège et d’Helsinki et visent à identifier les bio-marqueurs de la fibrose pulmonaire. Un bio-marqueur est une molécule que l’on peut doser dans le sang et/ou le liquide de lavage bronchoalvéolaire et qui augmente fortement en cas de maladie. En plus d’aider au diagnostic et au pronostic, l’identification des bio-marqueurs de la fibrose permet également d’aider à la découverte de nouvelles cibles thérapeutiques potentielles. Différentes molécules ont déjà été étudiées (voir onglet « articles ») et ont montré des résultats encourageants.

Récemment, en médecine humaine, des études sur le microbiote pulmonaire dans la fibrose pulmonaire idiopathique ont été réalisées et montrent un lien entre la charge bactérienne (la quantité d’ADN bactérien retrouvé dans le liquide de lavage bronchoalvéolaire), la présence de certains genres bactériens et la progression de la maladie. Elles suggèrent que le microbiote pulmonaire peut intervenir comme élément déclencheur ou de perpétuation de la maladie. C’est pourquoi nous étudions les modifications de celui-ci chez les chiens malades en comparaison des sains, mais également en comparaison avec des West Highland white terrier d’âge variable et d’autres races de chien pour déterminer pourquoi seuls les Westies âgés font la maladie.
Nous nous intéressons aux liens potentiels entre le microbiote et la réponse immunitaire innée présents chez les chiens malades en comparaison des sains.

Études génétiques

Etant donné que la fibrose pulmonaire apparait essentiellement chez les chiens de race West Highland White Terrier, une forte composante génétique de la maladie est suspectée. Afin d’identifier les éventuelles mutations génétiques responsable de cette maladie, une étude d’association génétique (GWAS = genome wide association study) a récemment été initiée à l’Université d’Helsinki sur base des échantillons sanguins (sang EDTA) que nous avons su récolter jusqu’à présent. Cependant, un telle étude génétique nécessite un nombre important d’ individus malades et autant d’ individus indemnes de la maladie. Le nombre de chiens que nous avons réussi à récolter jusqu’à présent est encore trop faible et un problème se pose vis-à-vis du groupe des individus indemnes. En effet, la fibrose pulmonaire étant une maladie du vieux chien, il est possible que certains chiens classés dans le groupe des individus indemnes finissent par développer la maladie dans le futur. Cela complique grandement l’interprétation des résultats et nous pousse à utiliser des critères de sélection plus stricts tels que la réalisation d’un scanner du thorax pour s’assurer de l’absence de lésion dans le groupe des individus indemnes.

A l’université de Liège, les études sont abordées sous un autre angle. Sur base des prélèvements de tissus pulmonaires récoltés après le décès des animaux, nous tentons d’identifier des différences d’expression génétique au sein même du poumon. Ainsi nous espérons arriver à mieux comprendre les mécanismes qui entrent en jeu en cas de fibrose pulmonaire et tentons d’identifier des cibles thérapeutiques. Grâce à cette méthode, plusieurs molécules d’intérêt ont été identifiées et sont actuellement étudiées plus en détails.

Elisa

 

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